La pierre garde tout, sauf la lumière.


Un arbre, le soleil derrière, et le mur de la cathédrale Saint-Pierre couvert de taches claires. Le feuillage y dépose un motif que rien ne fixe : dans dix minutes il aura glissé, ce soir il n’existera plus. Sur cette pierre qui a traversé les siècles, la seule chose qui ne laissera aucune trace.
Une figure s’y tient, et le motif la traverse. Le vêtement sombre reçoit les mêmes taches que le mur, les contours se défont, la lumière découpe le corps en zones qui apparaissent et disparaissent. Elle décide de ce que l’on voit.
Les deux images n’en font qu’une : la seconde est un recadrage de la première. Dans le plan large, la personne se dissout dans la matière du mur. Resserré sur le visage, elle réapparaît, et ce qui l’effaçait devient ce qui l’entoure. Rien n’a changé sinon l’endroit où le regard s’arrête.
Ces images ont l’air construites. On y chercherait un dispositif, des découpes, un éclairage préparé. Il n’y a que le soleil, un arbre et un mur. Photographie réalisée contre le mur de la cathédrale Saint-Pierre, Vieille-Ville de Genève.