Embrasures, Vieille-Ville de Genève

Trois embrasures de la Vieille-Ville de Genève, et une figure qui s'y engage. Un porche ouvert sur la lumière, une galerie qui mène à une porte, une rue qui débouche sur les arbres. Chaque ouverture annonce un état qu'on n'a pas encore atteint.

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Date de publicationaoût 2026
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Une embrasure ne se referme pas sur nous. Elle annonce.

La première est un rectangle de lumière découpé dans l’ombre d’un porche. La figure s’y tient au centre, exactement, et regarde vers le dehors. Elle n’est pas prise dans ce cadre : elle est sur le point d’y passer.

La deuxième est une galerie de colonnes, et au fond, une porte. Elle avance entre les arches, mais l’ouverture qui compte n’est pas celle qui l’entoure — c’est celle qui l’attend, plus loin, fermée pour l’instant.

La troisième est une rue qui s’élargit vers les arbres. Le cadre s’est presque effacé, mais il reste une échancrure entre deux façades, et le corps s’y dirige comme vers les précédentes.

Le cadre dans le cadre est un motif ancien, que la peinture puis le cinéma ont travaillé longtemps avant la photographie. Ce que j’y cherche est ceci : une embrasure n’enferme pas, elle promet. Elle dit qu’il existe un autre côté, et que l’on n’a pas fini de passer. C’est peut-être ce que veut dire traverser une ville — aller d’une ouverture à la suivante, sans jamais arriver tout à fait. Photographies réalisées dans la Vieille-Ville de Genève, entre la cour de l’Hôtel-de-Ville et la rue Maurice.